8 March, 2017

Un nivellement optimal pour les femmes œuvrant dans l’industrie floricole du Kenya

Rosemary Achieng
par Fairtrade International

En cette Journée internationale de la femme, nous mettons en lumière les défis auxquels font face les femmes œuvrant dans l’industrie floricole et tout particulièrement sur la quête d’une Kenyane qui cherche à faire entendre leur voix. 

Veuve et mère de trois garçons, Rosemary Achieng connaît trop bien les défis avec lesquels une femme doit composer afin d’équilibrer les exigences du travail et de la famille. Cette femme de 47 ans occupe un poste de superviseure chez Panda Flowers, une ferme certifiée Fairtrade située aux abords du lac Naivasha au Kenya.

« Lorsque nous sommes monoparentaux, un emploi permanent et un revenu sûr, c’est incroyablement important », dit Rosemary.

Cela est particulièrement vrai dans le cas de l’industrie floricole kenyane, où les femmes doivent faire face à des défis quotidiens comme de bas salaires, de piètres conditions de travail, l’exposition aux pesticides ainsi que la discrimination.

« Fairtrade a changé beaucoup de choses », dit Rosemary. Rosemary est l’une des 450 femmes faisant partie de cette solide main d’œuvre composée de 900 employés chez Panda Flowers. « Désormais, les femmes et les hommes ont les mêmes droits. Il y a des heures de travail fixes, des journées de congé fixes et des règles de sécurité nettement améliorées. »

Travailler dans une ferme certifiée Fairtrade a permis à Rosemary d’avoir une maison à elle puis, grâce aux bourses d’études payées par la prime Fairtrade, deux de ses garçons étudient à l’université.

« Je suis heureuse et fière que mes garçons puissent faire des études. Fairtrade a eu une incidence très positive non seulement sur nos conditions de travail, mais aussi sur notre vie familiale », dit-elle.

Les projets issus de la prime Fairtrade ont également apporté des bénéfices aux autres femmes de la communauté. Il y a par exemple la maternité, située au lac Naivasha, financée en partie par l’agent de la prime Fairtrade. Dorénavant, les femmes ont un endroit sécuritaire pour donner naissance. 

Il reste du travail à faire

Cependant, ce portrait positif n’est pas achevé. Rosemary sait que des défis majeurs restent à relever, tout particulièrement en matière de leadership où la participation des femmes demeure faible : « Nous sommes tous pareils, et toute personne qualifiée peut devenir un leader », dit-elle.

Rosemary est beaucoup plus qualifiée que bien des gens : après 13 années d’expérience, elle siège au sommet du comité de santé et de sécurité et fut autrefois responsable du comité pour l’égalité des sexes pour une période de six ans. Fairtrade a mis sur pied des comités pour l’égalité des sexes à chacune des fermes floricoles certifiées Fairtrade du Kenya.

« Le comité pour l’égalité des sexes est si important. Il assure un traitement équitable pour tous », explique-t-elle. « Ceci est particulièrement important pour les travailleuses, car bien souvent, elles ignorent leurs droits. J’organise des formations afin de leur transmettre les connaissances pertinentes. Maintenant, elles sont plus fortes qu’auparavant. »

Les travailleuses rencontrent des préjugés tenaces aussi en marge de l’industrie floricole. Des études menées par Fairtrade sur les fermes floricoles démontrent que le recours généralisé au travail occasionnel chez les femmes accroît le risque de transgression des droits de la personne, de la discrimination et le harcèlement sexuel.

Au Kenya et, partout au monde, la stratégie pour l’égalité hommes-femmes 2016-2020 vise à résoudre les rapports de force inégaux et à promouvoir l’égalité entre les sexes au sein des organisations de producteurs. La stratégie a pour but de donner du pouvoir et de l’autonomie aux femmes afin qu’elles puissent exercer des rôles que l’on tendait traditionnellement à leur refuser en plus de mieux influencer leurs propres situations et conditions.

De plus, Fairtrade travaille de concert avec des partenaires locaux afin de solidifier les droits des femmes et pour aborder les questions de harcèlement. Par exemple, en 2016, Fairtrade Africa, le Kenya Flower Council ainsi que le Workers’ Rights Watch ont lancé une politique relative au harcèlement sexuel destinée à l’ensemble des fermes floricoles kenyanes, une première pour cette industrie.

Une voix pour les travailleuses de l’industrie floricole kenyane

Rosemary espère que les ventes de fleurs certifiées Fairtrade continueront de croître afin que tous les travailleurs de l’industrie floricole puissent, à l’avenir, bénéficier de meilleures conditions de vie et de travail.