Ravine Roses, Kenya

Ravine Roses fait partie du groupe Karen Roses Limited, une compagnie établit en 1989 par la famille Kotut.

L’histoire de Ravine Roses

Après quelques années d’activités à Karen en Nairobi, la décision fut prise de créer Ravine Roses et de déplacer la production vers Eldama Ravine. Eldama Ravine se situe dans la province de la vallée du Rift soit à 235 km au nord-ouest de Nairobi. Situés à quelques kilomètres au nord de l’équateur et à 2 km au-dessus du niveau de la mer, l’emplacement et l’environnement écologique sont quasi parfaits pour la culture de roses de grande qualité.

Aujourd’hui, cinq fermes composent Ravine Roses (Kapkolia, Chepsito, Kaptumpo, Simotwo et Torongo). Chacune d’entre elles est dirigée par un directeur de production et possède ses propres installations. L’ensemble de ces fermes emploie plus de 1 200 travailleurs à temps plein, dont 52 % sont des femmes. Ainsi, Ravine Roses est le principal employeur d’Eldama Ravine et des alentours. Le rôle économique que joue l’entreprise dans la région est encore plus grand si l’on tient compte du fait que cette zone connaît un haut taux de chômage chez les jeunes et qu’elle est principalement habitée par des agriculteurs de subsistance.

Nous aimerions que plus de gens achètent des fleurs certifiées Fairtrade. Ainsi, nous pourrions avoir accès à davantage de services médicaux, à de meilleures écoles, à des établissements sportifs et à beaucoup plus encore. En bénéficiant de tous ces services, notre qualité de vie s’améliorerait. C’est la meilleure façon d’influencer la qualité de vie des communautés rurales.

Emeritus Kasee

Directeur général chez Ravine Roses

Contexte

Le secteur de la fleur coupée kényen remonte aux années 1960. Néanmoins, ce n’est que trois décennies plus tard que cette industrie a commencé à se développer et à s’épanouir. Depuis, la production de fleur coupée Kényenne n’a cessé de croître de 20 % par année, et ce de façon régulière. La production est passée de 11 023 tonnes en 1988 pour atteindre plus de 132 277 tonnes de nos jours. Les données montrent qu’environ  90 000 personnes sont directement employées par cette industrie et on estime que 2 millions de gens en dépendent pour leur subsistance.

Le succès de l’industrie floriculture au Kenya s’appuie notamment sur la capacité qu’a ce pays d’attirer des investisseurs grâce à la présence d’une infrastructure solide, d’une main-d’œuvre productive et de conditions climatiques favorables. Ces conditions climatiques favorables permettent une production constante, et non saisonnière, d’une large variété de fleurs de qualité. La compétitivité internationale du Kenya lui a permis de se hisser au cinquième rang mondial des exportateurs de fleurs coupées et au premier rang des exportateurs de roses coupées vers l’Union européenne avec une part de marché qui se situe à 38 %. En conséquence, l’industrie est devenue la deuxième source principale de devises étrangères après le thé.

Production et vente

L’entreprise produit plus de 40 variétés de roses, cultivées dans 85 serres qui occupent une surface de 148 acres. De cette production, la moitié croît en sol alors que l’autre moitié croît en milieu hydroponique. L’hydroponie est une technique agricole qui a un impact limité sur l’environnement. La production totale, soit 63 millions de tiges par années, est destinée à l’exportation, principalement vers le Royaume-Uni. Cependant, afin de réduire sa dépendance envers ce marché unique et afin d’atténuer les conséquences des fluctuations des devises étrangères, Ravine Roses cherche à diversifier sa production en y ajoutant une plus grande variété de fleurs et en s’efforçant de trouver de nouvelles destinations pour ses exportations (p.ex. : la Russie).

Fairtrade

Ravine Roses a obtenu sa certification Fairtrade en 2005. Aujourd’hui, l’entreprise vend environ 25 millions de tiges certifiées Fairtrade. Ce nombre correspond à 40 % de sa production annuelle totale. Ravine Roses est payé le prix commercial applicable pour ses ventes Fairtrade. Mais en plus, l’entreprise reçoit la prime Fairtrade pour ces ventes. Cette prime correspond à 10 % du prix du marché et permet aux travailleurs d’investir dans des projets sociaux de leur choix. Les fonds de la prime sont gérés par un comité des primes constitué de dix représentants des travailleurs et d’un représentant de la gestion. Ce dernier n’occupant qu’un poste de conseiller. Ce comité a la responsabilité de proposer, de réaliser et de superviser les projets de prime sélectionnés par les travailleurs.

Projets réalisés avec la prime Fairtrade

Éducation :

  • la création d’une bourse permettant à des étudiants brillants et pauvres de se joindre à une des six écoles primaires de la région ou bien de poursuivre leurs études dans une école secondaire;
  • l’établissement d’Édu-crédit : un mécanisme qui met à la disposition de tous les travailleurs des prêts sans intérêts. Plus de 85 % des travailleurs ont bénéficié de cette initiative à ce jour;
  • la construction d’un large éventail d’installations dans diverses écoles de la région. Parmi les projets financés par les fonds de la prime on compte : des salles de classe réparties dans sept écoles desservant plus de 550 élèves, une bibliothèque de 80 sièges pour l’école secondaire Kamelilo, un immeuble administratif pour l’école primaire Kibias, un laboratoire de science pour l’école secondaire pour filles Eldama Ravine ainsi qu’un dortoir pour garçon à l’école secondaire Saos;
  • la construction d’une maternelle pour 50 enfants, trois centres pour le développement de la petite enfance au sein de deux écoles du district ainsi qu’une cuisine et d’un magasin à la maison des enfants d’Eldama Ravine.

Santé :

  • l’introduction d’un projet médical dont le but est de fournir divers services médicaux tels l’immunisation, de la sensibilisation au VIH/SIDA et des services de conseil et de dépistage pour les employés de Ravine Roses, pour l’ensemble de la communauté ainsi que pour les collectivités éloignées;
  • la construction de latrines à l’école primaire Mochongoi afin d’améliorer les normes sanitaires;
  • la construction d’un réservoir d’eau d’une capacité de  40 000 gallons dans la communauté de Perkerra. Ainsi, les résidents auront une réserve d’eau adéquate qui pourra répondre à leurs besoins;
  • l’établissement d’un programme d’amélioration domiciliaire dont le but est d’améliorer les normes sanitaires et d’hygiène en plus de garantir l’accès à de l’eau potable à tous les travailleurs.

Sociaux et environnementaux :

  • la construction d’un centre de ressources inclusif pour les travailleurs. On trouve dans cet établissement un laboratoire informatique, une salle de couture, une salle de séjour, une bibliothèque, un restaurant ainsi que des espaces à louer;
  • la création d’une boutique de proximité qui achète des articles en vrac puis les mets à la disposition des travailleurs. Parmi ces articles, on compte des panneaux solaires, des tôles de fer pour les toits, des bicyclettes, des télévisions, etc.;
  • la mise en œuvre d’une subvention afin d’appuyer les activités sportives des travailleurs. Cette subvention permet, en autres, de fournir de l’équipement sportif ainsi que des commandites pour des tournois. Elle permet aussi d’encourager la relève et de proposer des activités (p.ex. : le théâtre et la musique);
  • l’introduction d’un fonds de prévoyance afin d’atténuer les effets causés par des tragédies imprévues vécues par les travailleurs;
  • la restauration de certains ponts et fossés afin d’améliorer le drainage et l’accessibilité surtout pendant la saison des pluies.