UCA SAN JUAN, Nicaragua

L’UCA a été fondée en 1992 par des membres appartenant à 11 coopératives villageoises.

UCA San Juan

UCA San Juan est une union coopérative dont les membres sont répartis dans cinq communautés situées dans les régions de San Juan del Rio Coco et de Telpaneca. Ces territoires font partie du département de Madriz, au nord-ouest du Nicaragua. Connue sous la désignation UCA ou encore UCA San Juan, son nom complet est : Unión de Cooperativas Agropecuarias San Juan del Rio Coco.

Context et Structure

UCA a obtenu sa certification biologique en 1993 suivie de sa certification Fairtrade en 2004. À ce jour, elle comprend huit coopératives et 430 agriculteurs individuels, dont le quart, soit 106, sont des femmes. De plus, elle emploie 18 employés permanents affectés aux champs, à la transformation et à l’administration.

Les membres cultivent un café de très grande qualité sur de petites fermes d’une taille moyenne de 5,5 ha. De cette production, 75 % sont certifiées biologiques. UCA transforme, effectue la mise en marché et exporte son café. À cela s’ajoutent de petites quantités de café achetées auprès de producteurs locaux. Au cours de la période 2011-2012, UCA a produit et vendu 35 200 quintaux (1 620 tonnes) de café. De cette quantité, 22,5 % ont été vendus à des acheteurs Fairtrade.

Fairtrade

Le partenariat qui unit Fairtrade et UCA a permis à ces derniers de participer à plusieurs foires commerciales tel l’évènement annuel Specialty Coffee Association of America qui se tient aux États-Unis. UCA a également pris part en compagnie de partenaires Fairtrade à des voyages d’affaires en Europe. Elle y a rencontré des acheteurs de l’Autriche et de la Suisse ce qui a contribué à l’accroissement de ses ventes.

C’est en respectant les normes Fairtrade et en embrassant ses principes qu’UCA a trouvé l’élan qu’il lui fallait pour améliorer ses structures internes. Les coopératives membres ont mis en place des comités de gestion efficaces et ouvert des comptes en banque afin de bien gérer les reçus de primes Fairtrade. Grâce à cela, ils ont amélioré leur gestion financière, ont ouvert des comptes d’épargne et planifient l’avenir. 

Les primes Fairtrade et les projets réalisés

Pour ses ventes Fairtrade, UCA San Juan reçoit minimalement le prix minimum Fairtrade qui est de 1,40 $ US la livre ou bien le prix du marché, si celui-ci est plus élevé. À cela s’ajoute une prime de 30 cents la livre pour le café certifié biologique. UCA rapporte que cette année, ses ventes Fairtrade lui ont permis de gagner 50 $ de plus par quintal, comparativement au marché conventionnel. De plus, dans un marché mondial où le prix du café a diminué de près de 60 % au cours des deux dernières années dû au décalage entre la demande et l’offre, Fairtrade constitue une source de revenu stable.

Les acheteurs Fairtrade augmentent leurs achats chaque année. En 2004-2005, les ventes équivalaient à 5 300 quintaux puis, en 2011-2011, elles grimpaient à  7 950 quintaux, ce qui représente près de 20 % de l’ensemble des ventes. Alors que les acheteurs conventionnels ne font qu’acheter et vendre du café, UCA a pour sa part développé des relations plus approfondies avec des acheteurs Fairtrade tel que Bettys and Taylors. Ces derniers souhaitent contribuer au développement social des membres et participent au financement de projets de santé et éducatifs destinés aux enfants.

UCA reçoit en plus la prime Fairtrade de 20 cents la livre afin d’investir dans le développement économique et l’amélioration des cinq communautés qu’elle dessert. Le quart de la prime doit être investi dans l’amélioration de la productivité et de la qualité de produit. Voilà qui est essentiel à l’accroissement des revenus et à l’amélioration de la compétitivité quant aux autres producteurs de la région.

Plusieurs agriculteurs ont investi la prime dans l’achat de machines à dépulpage servant lors du traitement par voie humide du café sur leurs fermes. Les fruits rouges bien mûrs du café sont baignés dans l’eau afin de ramollir la pulpe extérieure puis, une machine à dépulpage qui fonctionne à l’électricité retire cette enveloppe. Enfin, les grains de café sont séparés et la coopérative les récupère afin de les sécher, poursuivre leur transformation, les trier et les emballer en vue de leur exportation.

Dans le passé, UCA a confié à d’autres compagnies la transformation et l’exportation de son café. Toutefois, grâce à Fairtrade, elle peut effectuer l’exportation de manière directe. UCA a récemment terminé la construction d’un moulin à séchage financé en partie par la prime Fairtrade. Ce moulin permet aussi de rembourser le prêt octroyé lors de sa construction. Ce moulin a entraîné la diminution des coûts de transformation de moitié. On prévoit également qu’il générera des revenus supplémentaires lorsque des clients externes en feront l’utilisation. Pour l’organisation, le moulin constitue une garantie qui aide à obtenir du financement.

La rouille des feuilles constitue la principale menace à laquelle font face les agriculteurs. Il s’agit d’une maladie fongique qui tue les caféiers et qui affecte 70 % des fermes. La coopérative fournit aux agriculteurs des produits chimiques afin de les soutenir dans leur lutte contre la rouille des feuilles en plus de leur distribuer 140 000 arbrisseaux. À l’avenir, les fonds de la prime serviront à aider les agriculteurs à diversifier leur production en y ajoutant la culture du cacao et du miel. Également, il pourra contribuer à un mode de vie plus durable et diminuer de la dépendance à l’égard du café.

Les primes Fairtrade et encore plus de projets réalisés 

  • La construction d’une école maternelle dans une communauté éloignée, où le gouvernement local connaît un nombre insuffisant de classes; l’approvisionnement en équipement scolaire et en uniformes.
  • Deux jours par semaine, les installations de l’école servent à la formation de jeunes gens afin qu’ils maîtrisent les techniques agricoles et les meilleures façons de diversifier les cultures et les produits.
  • De nouveaux locaux de bureaux et un petit bureau pour chacune des coopératives, le tout financé en partie par la prime.
  • La moitié de la prime est utilisée par les agriculteurs, pour des paiements en espèce, lorsqu’ils doivent soumettre un plan d’investissement.